| | Article interessant Juillet 1938 | |
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ERTA Commandant de compagnie


   Age : 38 Inscrit le : 11 Sep 2007 Messages : 1266
 | Sujet: Article interessant Juillet 1938 Ven 14 Sep - 16:24:35 | |
| Revue d'Infanterie Juillet 1938 Numéro 550 Page 32 à 47
Ministère de la guerre Transport et parachutage d'une unité de l'infanterie de l'air Par le Lieutenant CHEVALIER
Avant-propos La surprise, l'ouverture des hostilités sans déclaration officielle de guerre, la rapidité d'intervention ou de riposte, la mise en oeuvre de tous les moyens nouveaux réalisés par la science et l'industrie, l'attaque brusquée et massive d'unités de choc, la mise hors d'état de tous les points vitaux d'un pays, la mobilisation de toutes les forces vives de la nation, telles sont les données générales qui présideront vraisemblablement à un conflit moderne. Néanmoins, comme par le passé, la vieille infanterie sera toujours l'arme qui, avec l'aide indispensable des autres armes, occupe le terrain, s'accroche à lui, le conserve en le défendant avec ses armes et ses poitrines, et permet, en dernier lieu, à l'un des adversaires, de pouvoir dire qu'il est effectivement le vainqueur. Respectant une tradition millénaire, l'infanterie, jusqu'à nos jours, se rendait à pied à la bataille et combattait à pied. Sa lenteur, son manque de souplesse stratégique, la faible efficacité offensive de ses moyens de feu lui firent un instant douter d'elle-même. Mais la motorisation, la mécanisation sont venues lui faire reprendre confiance en ses destinées. Déjà les taxis de Gallieni l'ont conduite à la victoire. À l'heure actuelle certains veulent demander à l'avion de transporter le fantassin au combat. D'autres enfin, plus pressés encore, ne veulent même pas laisser à l'avion le temps de déposer le fantassin sur la terre ferme et entendent l'envoyer à la bataille en le jetant de la carlingue avec ses armes et ses munitions. 1 Que peut-on attendre dans une guerre moderne et sur un front européen de l'infanterie transportée par avion ? Nous disons bien sur un front d'Europe, car aux colonies la question se présente sous un autre aspect. La première objection que l'on peut présenter est la suivante : L'infanterie peut-elle aller seule à la bataille, peut-elle marcher à la victoire sans l'aide immédiate et indispensable des autres armes ? L'I. G. U. et le Règlement de l'infanterie (2e partie) répondent par l'affirmative : l'infanterie, dans certains cas, sur certains terrains et pour certaines missions, peut combattre avec ses propres forces (d'ailleurs, notre infanterie moderne n'a-t-elle pas ses moyens motorisés et sa petite artillerie ?). La deuxième objection que l'on est en droit de formuler est plus grave : peut-on dans des délais déterminés transporter par avions un nombre suffisant de fantassins, pour remplir une mission qui soit en rapport avec l'importance des moyens mis en jeu. Schématisons et prenons un exemple, favorable il est vrai. Supposons que les troupes combattantes sont à l'arrière et à 100 kilomètres du lieu où est prévu leur emploi, ou plus exactement du lieu où elles doivent être regroupées pour être menées à la bataille. Notons que cet exemple s'est présenté plusieurs fois durant la période de la Grande Guerre, que l'on appelle : la Course à la mer. Supposons que nous disposons de l'avion de transport qui n'est déjà plus moderne : le Potez 650. Le Potez 650 est un avion qui peut transporter 12 fantassins, équipés et armés, à 1 000 kilomètres. Nous avons deux escadrilles de Potez 650, soit 12 avions. Nous ne tiendrons pas compte du temps perdu à l'atterrissage, au débarquement et à l'embarquement et nous fixerons à 200 kilomètres-heure la vitesse pratique de l'avion.
Aller-retour : 100 X 2 = 200 kilomètres. Nombre de voyages avant de refaire le plein d'essence : 1 000 : 200 = 5 voyages. Temps mis pour effectuer ces 5 voyages : 1 000 : 200 = 5 heures. Nombre d'hommes transportés en 5 heures : 12 X 12 X 5 = 720 hommes (4 compagnies d'infanterie, 4 compagnies d'infanterie de l'air). Ces unités ont à leur disposition : armes, munitions, ravitaillement nécessaires pour mener leur combat particulier. Une fois regroupées dans la main de leur chef elles constituent une troupe fraîche, une troupe de choc. Mais, à notre avis, le fait important n'est pas d'avoir pu transporter 4 compagnies en 5 heures. Le fait capital - dans l'exemple choisi - est d'avoir pu déposer, une demi-heure après la décision du chef, une compagnie d'infanterie aux environs du ou des points importants à tenir. D'ailleurs ces points seront tenus jusqu'à l'arrivée d'éléments plus étoffés, éléments qui seront le plus souvent chargés de prendre la mission à leur compte. Notons en passant qu'il est possible d'envisager la réalisation d'appareils de transport spécialement aménagés et pouvant contenir 40 fantassins, c'est-à-dire une section complète. Le groupement des fantassins sur l'aire d'atterrissage s'effectuera dans de meilleures conditions. Mais il reste à savoir si les dangers courus par une expédition composée de tels avions seraient plus ou moins grands que ceux courus par une expédition composée d'avions plus légers. De plus, il est évident que les terrains d'atterrissage utilisables par les premiers doivent présenter de meilleures conditions que ceux dont peuvent se contenter les seconds. Si nous relisons certains épisodes de la Course à la mer, nous ne pouvons pas manquer de remarquer que la possession de certains points (coupures ou points principaux de la coupure, observatoires) aurait permis à l'un des adversaires d'engager un combat ultérieur dans des conditions plus favorables. Aussi, dans une Course à la mer future, dans une manoeuvre de débordement ou d'enveloppement - sur un front d'Europe comme aux colonies - une troupe d'infanterie armée et équipée de matériels modernes, transportée en temps voulu au point critique, peut avoir son utilité dans le déroulement ultérieur des opérations. Dernière objection : même dans l'exemple schématique précédemment choisi n'est-il pas nécessaire que l'avion ait un terrain aménagé pour pouvoir se poser ? Ce terrain ne sera pas toujours aux environs immédiats de l'endroit où l'on désire faire intervenir l'infanterie transportée. Le parachute a permis de répondre à cet argument. 2 Le parachute. Le parachutiste. La descente en parachute. Dangers courus. Le parachute Le parachute n'est pas seulement un appareil de secours ou d'acrobatie ; c'est un moyen de transport - d'un genre particulier il est vrai. Le principe de son fonctionnement est simple et connu. Disons quelques mots du parachutiste et de ce qu'il emporte au cours du trajet qui le mène de l'avion jusqu'au sol. Le parachutiste Il est équipé de deux parachutes, dont un de secours. Une forte ceinture de cuir sur laquelle est fixée une gaine en cuir pouvant contenir l'arme ainsi qu'une ou deux cartouchières, permet au parachutiste d'emporter avec lui son arme (fusil-mitrailleur, mousqueton, pistolet, pistolet-mitrailleur), ses munitions et son outil. La ceinture est reliée au harnais du parachute par un câble de 6 mètres, lové dans une poche spéciale. À 50 mètres du sol, le fantassin déboucle sa ceinture et la laisse tomber le long de son corps. Ceinture, gaine, cartouchières constituent un paquet qui pend à 6 mètres au-dessous du parachutiste. Ce paquet arrivera au sol avant lui et ne le gênera pas lors de son atterrissage. Le saut en parachute Le fantassin parachutiste évacue l'avion au moment où ce dernier arrive à une hauteur qui varie de 600 à 1000 mètres au-dessus de l'aire d'atterrissage. L'avion d'ailleurs ralentit son allure pour faciliter la sortie du fantassin. Le fantassin se lance dans le vide le buste en avant, mais sans essayer de plonger. L'ouverture du parachute est : - automatique (câble relié à l'avion) ; - commandée (le parachutiste tire sur la poignée au moment choisi par lui). Dans un saut collectif où 12 parachutistes évacuent l'avion le plus rapidement possible, seule est possible l'ouverture commandée. Le parachutiste peut ouvrir son parachute immédiatement après avoir quitté l'avion; il peut aussi faire une chute libre et tirer sur la poignée d'ouverture plusieurs secondes après sa sortie d'avion (chute à ouverture retardée). Après une chute libre d'une dizaine de secondes, le corps atteint sa vitesse limite (180 à 200 kilomètres à l'heure, soit 45 à 50 mètres à la seconde). Au bout d'une pareille chute le choc à l'ouverture est assez violent, mais supportable, à condition que le parachutiste ne soit pas trop chargé. Le parachute ouvert, la vitesse de chute est de l'ordre de 5 à 6 mètres à la seconde. Elle varie selon les conditions atmosphériques.
Dernière édition par le Ven 14 Sep - 16:25:49, édité 1 fois |
|  | | ERTA Commandant de compagnie


   Age : 38 Inscrit le : 11 Sep 2007 Messages : 1266
 | Sujet: Re: Article interessant Juillet 1938 Ven 14 Sep - 16:25:18 | |
| DANGERS COURUS. a) Difficultés d'ouverture. - Cet incident est généralement très rare. Un parachute convenablement plié s'ouvre régulièrement. b) Accidents survenus à l'atterrissage. - Ils peuvent aller, bien entendu, de la simple ecchymose à la rupture d'un membre. Mais un parachutiste expérimenté évite de très nombreux accidents même lorsqu'il parachute sur un terrain en mauvais état et dans des conditions atmosphériques défavorables. Un exemple : aux manoeuvres du Sud-est, 40 parachutistes se lancèrent avec armes et munitions sur un terrain qu'ils n'avaient jamais vu ; six d'entre eux, -déportés par le vent, tombèrent en plein bois. Aucun incident, même bénin, n'a été à déplorer. Dans les cas les plus défavorables, on peut estimer à 1 ou 2 p. 100 le nombre des blessés (blessés qui ne pourraient pas participer au combat). Le parachutage peut s'effectuer de jour ou de nuit. Il peut avoir lieu au-dessus d'un champ comme au-dessus d'un bois, en plaine comme en montagne. Les arbres d'une prairie ne sauraient être un obstacle, Seuls sont dangereux pour le fantassin de l'air : les bâtiments, les rochers, les poteaux, les piquets et pieux. Le parachutage en montagne comme le parachutage sur une forêt est particulièrement intéressant : on peut arriver dans certaines conditions favorables à " camoufler " le parachutage. 3 Parachutage de matériel. Le ravitaillement par parachutes. Un matériel placé dans une gaine protectrice, gaine munie d'un parachute, peut arriver au col. Des études sont actuellement en cours pour parachuter à l'intérieur d'un tube métallique, muni d'un parachute, des objets lourds (mitrailleuse, munitions, vivres). Ce tube pourrait être largué à la manière d'une bombe. De pareils dispositifs seraient utiles non seulement aux unités d'infanterie transportées en avion, mais ils trouveraient leur utilisation dans le ravitaillement des troupes par avion (notamment aux colonies). Signalons que l'Italie, durant sa campagne d'Éthiopie, a expérimenté des dispositifs de parachutage de matériels et de parachutage d'animaux. C'est ainsi que 1 700 tonnes de matériels de toute nature ont été parachutées pour le ravitaillement des colonnes avancées. 4 Modalités de transport. L'expédition de l'infanterie de l'air. Ce que nous disons du transport de l'infanterie de l'air peut être dit a fortiori du transport de toute unité d'infanterie. Il ne sera pas toujours commode de transporter une troupe d'un point à un autre lorsque les deux adversaires sont aux prises. Les fantassins une fois dans l'avion, avec leurs armes et leurs munitions, il s'agira de les conduire à bon port. Essayons de discerner quelles seront les conditions favorables pour le transport d'une unité d'infanterie. Nous croyons qu'il est préférable, en général, que ces avions constituent une expédition conduite par un seul chef. Ce dernier (pilote observateur) devra avoir reconnu à l'avance l'aire d'atterrissage, ses abords, les lignes caractéristiques des environs. Si possible, il aura emmené avec lui, dans sa reconnaissance préalable, le chef de la troupe d'infanterie. Il aura si possible pris des photos afin de permettre, avant le départ, une préparation minutieuse de la mission au sol. (Chaque chef d'élément devra être en possession d'une carte de la zone d'opérations et de photographies de cette même zone.) D'autre part, les avions voyageant groupés (mais non pas serrés les uns sur les autres), l'unité d'infanterie pourra être immédiatement groupée après l'atterrissage ou le parachutage ; elle pourra ainsi être immédiatement dans la main de son chef. 5 Mission que l'on pourra demander à une troupe transportée par avions. Nous n'étudierons pas ici et nous n'exposerons pas les missions que l'on est en droit de demander à la troupe transportée : tel n'est pas le sujet proposé. Signalons-les simplement. Ces missions peuvent être les suivantes : a) Tenir provisoirement certains points vitaux d'une ligne importante (coupure) en attendant l'arrivée d'autres éléments qui prendront la mission à leur compte ; b) Colmater une brèche ou enrayer un débordement, une manoeuvre d'enveloppement ; c) Opérer des coups de main sur les arrières d'un ennemi déjà bousculé et désorganisé par une attaque frontale (on contre un ennemi qui bat en retraite) ; d) Opérer des coups de main à l'intérieur du pays ennemi (destruction d'usines, gares, ouvrages d'art, Q. G.). Remarquons en passant que ces missions sont rendues beaucoup plus faciles aux colonies si l'on lutte contre l'indigène qui, en général, est faiblement armé et dépourvu d'aviation. Toute troupe d'infanterie, une fois regroupée, possède contre un indigène beaucoup plus nombreux une écrasante supériorité de feux. 6 Dangers courus pendant le transport. Durant le trajet -qui conduit le fantassin au-dessus du terrain choisi pour le débarquement ou le parachutage, l'expédition court le risque d'être prise à partie par la chasse ennemie. Dans ce cas l'avion de transport devra se défendre avec son armement propre (s'il en est doté), Mais il peut avoir pour le défendre les avions de chasse qui ont pu accompagner l'expédition. Il n'est pas impossible d'envisager également la défense de l'avion par les armes des fantassins de l'air. Un dispositif facile à réaliser permettrait la fixation de l'arme automatique du fantassin sur un point de l'avion (portes, lucarnes). D'ailleurs le tir du fantassin peut être aussi efficace que celui du mitrailleur d'avion. Une autre question se pose : Est-il préférable, au-dessus d'un territoire ennemi, de voler à haute altitude ? Ne vaudrait-il pas mieux que l'expédition effectue son trajet en " rase-mottes " ? Il est certain que l'altitude moyenne est condamnable non seulement à cause du repérage facile, mais aussi à cause de la vulnérabilité des avions qui traversent une zone renfermant des armes de D.C.A. ou renfermant des éléments d'aviation de chasse prêts à intervenir. À notre avis, il est donc préférable qu'une expédition d'infanterie de l'air voyage soit à très basse altitude, soit au contraire à haute altitude. Des considérations techniques que nous ne sommes pas à même de dégager feront choisir l'un ou l'autre mode de voyage : le chef de l'expédition décidera. Une dernière question se pose : l'expédition devra-t-elle voyager de nuit ou de jour ? Si, la nuit, les risques d'attaque ennemie sont diminués, les difficultés de navigation et surtout d'atterrissage sont considérablement augmentées. Mais s'il est difficile de voyager de nuit, s'il est très souvent impossible d'atterrir, on peut toujours parachuter, trouver un terrain au-dessus duquel le fantassin de l'air pourra se lancer. 7 Le parachutage d'une unité de l'infanterie de l'air. Voici dans quelles conditions il s'effectue : Lorsque l'expédition d'infanterie de l'air arrive au-dessus du terrain choisi pour le parachutage, les avions descendant à une hauteur qui varie de 600 à 1000 mètres, se rapprochent les uns des autres afin de permettre le regroupement au sol des éléments parachutés. Si les avions peuvent avoir connaissance de la direction du vent, ils passeront au-dessus du terrain de parachutage face au vent, à moins qu'il y ait intérêt à traverser le terrain selon l'une de ses dimensions. Immédiatement avant d'arriver au-dessus de l'aire de parachutage, les avions ralentissent leur allure afin de permettre une évacuation plus rapide et plus commode. Une section d'infanterie de l'air bien entraînée (40 hommes) peut évacuer ces avions (3 Potez 650) en moins de 12 secondes. Elle peut atterrir dans un rectangle de 200 X 400. Elle est donc immédiatement regroupée dans la main de son chef et, notons-le en passant, après un voyage de plusieurs centaines de kilomètres elle constitue encore une troupe fraîche. Donnons quelques chiffres. Supposons l'unité d'infanterie de l'air parachutée à 1000 mètres au-dessus du sol. Il faut 12 secondes pour évacuer l'avion ou les avions ; 1000 : 6 = 170 secondes pour descendre jusqu'au sol ; 40 secondes pour se débarrasser du parachute, prendre ses dispositions de combat, rallier son chef. Total : 220 secondes. Bref, trois minutes et demie après avoir évacué l'avion, la troupe d'infanterie de l'air est regroupée, dans la main de son chef, prête à combattre. Ici également nous pouvons poser la question qui nous a préoccupé tout à l'heure : Vaut-il mieux parachuter à haute ou basse altitude? Parachuter à haute altitude avantagerait certainement l'aviateur qui serait moins repéré et sans doute moins soumis aux coups de la défense. Mais l'unité d'infanterie, elle, aurait le temps d'être repérée de tous les points de l'horizon, au cours de sa descente. Il est vrai que, dans des cas semblables, les parachutes pourraient être équipés d'une suspente centrale (dispositif déjà expérimenté en Amérique). Ce dispositif permettrait de diminuer à volonté la surface portante du parachute (en faisant une " glissade "). La vitesse de chute serait ainsi augmentée et pourrait atteindre 15 mètres à la seconde. L'élément parachuté pourrait ainsi atteindre plus rapidement le sol. Mais nous croyons que le parachutage à faible altitude sera toujours préférable. Les fantassins de l'air - qui vont reprendre contact avec la terre ferme et reprendre leur propre vitesse de déplacement - seront ainsi beaucoup moins repérés des environs. D'autre part, il n'est pas dit que l'aire de parachutage soit toujours vide d'ennemis. Il faut que le fantassin, abandonnant l'avion, gagne au plus tôt la terre afin de pouvoir le plus rapidement possible mettre en oeuvre ses moyens de feu et pouvoir se défendre à l'occasion. Remarquons que dans une attaque en territoire ennemi, attaque au sol de grand style, l'atterrissage des avions ou le parachutage de la troupe d'infanterie pourra être aidé ou protégé par l'aviation d'assaut. Une étude récemment parue sur le rôle de l'aviation dans la bataille terrestre (guerre d'Espagne) montre les progrès que fait l'aviation et les résultats qu'elle peut obtenir dans la lutte contre un ennemi au sol. En conséquence il faut donc perfectionner le parachutiste et obtenir de lui qu'il puisse se jeter sans danger à 100 ou 200 mètres au-dessus du sol. Notons en passant que dans le cas d'une intervention en montagne il serait possible de "camoufler " presque complètement le parachutage d'un élément d'infanterie de l'air (vallée, haut plateau). Enfin la question suivante se pose : Vaut-il mieux parachuter de jour ou de nuit ? Le parachutage de jour est certes plus facile, mais le parachutage de nuit peut être préféré dans certaines expéditions en territoire ennemi. L'élément d'infanterie a ainsi le temps d'accomplir sa mission et de revenir auprès d'une aire d'atterrissage fixée à l'avance. Le ou les avions de transport reviendront reprendre cet élément au lever du jour, à l'heure fixée (il est fort possible que le ou les avions ne puissent revenir ; en tout cas il est préférable de laisser cette espérance aux fantassins). Remarquons que dans un cas semblable le groupe franc de parachutistes doit avoir un effectif judicieusement adapté à la mission qu'il doit remplir ; il doit emporter le matériel strictement indispensable. 8 Conclusion. Nous venons d'esquisser l'étude des modalités du transport par avions d'une unité d'infanterie et des conditions suivant lesquelles devait s'effectuer le parachutage d'une unité d'infanterie de l'air. Certes, dans un conflit moderne, l'infanterie transportée liera très souvent son sort à celui de l'infanterie de l'air, troupe plus entraînée, d'un emploi plus varié et plus souple, d'une intervention plus rapide et d'une grande mobilité. Aussi est-il nécessaire : a) Que l'on mette au point non seulement les moyens de transport, mais les conditions de transport d'une troupe d'infanterie dans la plupart des hypothèses de combat ; b) Que l'on mette au point les conditions de parachutage d'une unité d'infanterie de l'air dam ces mêmes hypothèses de combat ; c) Que l'on étudie et que l'on réalise les dispositifs de parachutage de matériel qui s'avèrent indispensables, notamment aux colonies. Il faut enfin : 1° Considérer l'infanterie de l'air comme une seconde légion à qui l'on peut demander des missions périlleuses ; 2° Ne pas craindre les accidents qui, au cours d'expériences ou de manoeuvres, peuvent survenir dans les mêmes proportions que les accidents d'aviation. Ceci fait, l'emploi tactique des unités d'infanterie transportée par avions, les missions que l'on est en droit de leur demander pourront être envisagés sur des bases plus sûres.
Lieutenant CHEVALIER |
|  | | ERTA Commandant de compagnie


   Age : 38 Inscrit le : 11 Sep 2007 Messages : 1266
 | |  | | Triton Commandant de compagnie


   Age : 42 Inscrit le : 06 Mai 2007 Messages : 665 Localisation : Vaucluse Emploi : Sous Officier (R) Fusilier Commando de l'Air Loisirs : sport, lecture, mécanique, moto
 | Sujet: Re: Article interessant Juillet 1938 Ven 14 Sep - 16:50:13 | |
| Merci ERTA, très instructif cet article, j'ignorais l'anecdote sur les parachutes équipés d'une suspente centrale pour augmenter la vitesse de descente, ça a du rester au stade expérimental?  _________________
 Si Vis Pacem Para Bellum

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|  | | ERTA Commandant de compagnie


   Age : 38 Inscrit le : 11 Sep 2007 Messages : 1266
 | Sujet: Re: Article interessant Juillet 1938 Ven 14 Sep - 19:55:02 | |
| Bonsoir Triton ,
Je ne peux repondre a cette question , car je n'arrive pas a trouver d'infos sur les parachutes Avirex 8XX utilisés a l'époque . |
|  | | Michel Commandant de compagnie


   Age : 49 Inscrit le : 12 Juil 2007 Messages : 7175 Localisation : Bourgogne du Sud et Lyon Emploi : Eleveur Loisirs : Chiens, Internet ...
 | Sujet: Re: Article interessant Juillet 1938 Ven 14 Sep - 22:08:46 | |
| Merci ERTA, instructif, je vais tenter de chercher pour le parachute, mais je prévois que ce sera difficile.  _________________

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|  | | | Article interessant Juillet 1938 | |
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