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 Des Aviateurs Français Parachutés

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Michel
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MessageSujet: Des Aviateurs Français Parachutés   Sam 11 Oct - 8:04:35



Des aviateurs français parachutés en Bretagne

Les parachutistes français libres du 4e Special air service (le 2° RCP français) font partie des premiers aviateurs français à participer au débarquement. Tous fidèles en tout point à la devise du SAS: «Qui ose gagne».

Les 500 hommes du 4e bataillon Special air service du colonel Bourgoin ont pour mission de contenir les troupes allemandes postées en Bretagne (présence estimée à 150 000 hommes), et d'éviter ainsi qu'elles constituent un renfort en Normandie. Cette mission comporte deux opérations, « Cooney Parties» qui consiste à faire croire aux Allemands à une grande opération de débarquement en Bretagne, et «Grog» qui a pour but de soutenir et encadrer la Résistance.
Le général Mac Leod, commandant le SAS, explique au «French squadron» sa mission en ces termes: «Votre rôle sera d'empêcher les unités allemandes stationnées en Bretagne de faire mouvement pour aller renforcer les défenses ennemies de Normandie... Dans ce but, vous devrez principalement saboter les lignes de communication et harceler les convois routiers et ferroviaires, dans toute la presqu'île. Avec l'aide des forces locales de résistance que vous armerez et encadrerez, il faudra bloquer en Bretagne les 150 000 hommes de la Wehrmacht qui s'y trouvent. Votre réussite aura une grande influence sur le sort du combat que nous allons livrer

« Samwest» et « Dingson »

Tout commence dans la nuit du 5 au 6 juin. Les premiers parachutages ont lieu au-dessus des deux bases choisies: l'une au nord-ouest de la Bretagne, près de Trégastel, qui prend le nom de code de «Samwest», et l'autre dans le sud-est, près de Malestroit, nommée «Dingson». A 22 h, les bimoteurs Stirling décollent de la base secrète britannique de Fairford. En tout, quatre sticks de neuf hommes sont parachutés. Sur «Samwest», aucun problème n'est signalé et les hommes sont opérationnels dès l'aube du jour J. Ce n'est pas le cas sur «Dingson». Suite à une erreur de largage, les hommes sont séparés et tombent près d'un poste allemand d'observation. Au cours de l'accrochage qui s'en suit, le caporal Émile Bouetard est tué, alors qu'il vient de toucher le sol de sa Bretagne natale. II est le premier soldat allié tué lors du débarquement.
Les équipes de démolition commencent à uvrer des le 7 juin, sur les voies ferrées surtout. L'axe de la mission qui consiste à encadrer et armer la Résistance est mis en pratique plus tôt que prévu; partout, les FFI affluent et les volontaires arrivent. Jusqu'au 17 juin, les opérations de sabotage sont quotidiennes, et l'ennemi désorganisé renonce à envoyer des renforts en Normandie. Des avions larguent à cette période les armes nécessaires aux 4 000 hommes regroupés sur la base de Saint Marcel au sud de la zone « Dingson ».

La base de Saint-Marcel

II est 6h 30, le 18 juin, quand deux Traction avant, avec 8 Feldgendarmen, roulent sur la départementale 321 et se retrouvent par hasard au milieu de la base. Après une fusillade, un Allemand réussit à s'enfuir. L'alerte est donnée. Vers 8h, deux bataillons allemands font leur entrée dans le village de Saint-Marcel et se lancent à l'assaut du camp très proche. Les combats très durs vont durer toute la journée. En fin d'après-midi, le capitaine Puech-Samson contacte Londres, qui déroute deux chasseurs. Les Allemands, surpris par l'appui feu, stoppent leur attaque. Mais peu avant la nuit, l'ennemi reçoit des renforts en matériel lourd. Aussi, dès que la nuit tombe, le colonel Bourgoin prend la sage résolution de faire évacuer le camp. Profitant des ténèbres et d'un violent orage, couvert par la simulation d'une contre-attaque, tout le camp est évacué en un peu plus de deux heures. A l'aube, lors de l'assaut final, les Allemands comprirent qu'ils avaient été joués. En représailles, ils pillent, incendient les fermes et le village de Saint-Marcel en tuant ou déportant les habitants. Le bilan de la bataille est, en comparaison des violents combats, assez faible. De 30 a 40 FFI et paras contre plusieurs centaines du coté allemand.
Dès le 19 juin, les missions de sabotage reprennent. Les troupes allemandes sont renforcées. Les effectifs de «Samwest» se regroupent sur le plateau de Saint-Caradec dans le Morbihan et y installent la base de Grock. Les volontaires continuent d'arriver en force et les parachutages d'armes et de matériel sont sans cesse renouvelés. Début août, le 4e SAS reçoit, par planeur, une quinzaine de Jeeps, suivies bientôt par 40 autres venues de Normandie. En deux mois, la base aura récupérée plus de 2 000 containers et équipés 6 000 hommes.

L'opération «Spencer»

L'ordre est donné alors de faire mouvement le long la Loire, pour empêcher les Allemands de traverser le fleuve entre Gien et Nevers. Fin août, un groupe rentre à Briare et harcèle l'ennemi dans la région jusqu'à Sancerre. Un autre groupe obtient la reddition de la garnison de Saint-Pierre le Moutier, le 9 septembre. Quelques jours plus tard, 10 000 Allemands sont livrés aux Allies.
La mission du 41e SAS s'achève avec un lourd bilan: près de la moitié des hommes y a laissé sa vie. Près de 10 000 Allemands ont été tués ou blessés. Le 4e Special air service et les Forces françaises de l'intérieur ont ainsi permis aux troupes américaines de pénétrer en Bretagne avec peu d'opposition. Les 3e et 4e SAS français, alliés dans leur mission aux Résistants, ont été parmi les premiers acteurs de la Libération de la France. A la fin de la guerre, leurs hommes seront les plus décorés de l'armée française. Le 1er août 1945, l'ensemble des troupes aéroportées sera transféré à l'armée de terre. Ce n'est qu'en 1956, en Algérie, que l'armée de l'air recréera des unités parachutistes dans l'esprit du 4e SAS.

Extrait du magazine « Air Actualités » de juin 2002

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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Sam 11 Oct - 8:37:29

Le colonel Bourgouin est le célèbre manchot ?
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Michel
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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Sam 11 Oct - 9:22:09

C'est ça SAM Wink

"Mais cette nuit du 5 au 6 juin 1944, les premiers soldats alliés à toucher la terre de France sont les parachutistes SAS Français, les hommes du commandant Bourgoin, le célèbre manchot. Et cette nuit deviendra pour l’histoire « une nuit avant l’aube »."

"Ayant reçu une formation de radio, il est à ce titre parachuté vers Plumelec (Côtes du Nord) le 5 juin 1944. Paulin s'est engagé au 2e régiment de commandos parachutistes, en fait le seul régiment français appartenant aux commandos Special Air Service (SAS) anglais. Jean Paulin a pour mission de rester en contact radio avec le célèbre Colonel Bourgoin alias Le Manchot et de l'informer de la situation militaire. En effet Bourgoin, commandant le 2e RCP, est resté à Londres et ne sautera sur la Bretagne que quelque temps plus tard."

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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Sam 11 Oct - 9:32:01

Et puisque je parle de Jean Paulin :

Jean Paulin, soldat SAS de la France libre






Jean Paulin, résistant dijonnais aux activités patriotiques hors du commun, est décédé le 20 juillet à Antibes. Sa mémoire doit être sauvegardée dans notre département.
Très jeune, il supporte difficilement l'occupation allemande. En novembre 1942, il tente la grande aventure : rejoindre Londres par l'Espagne. Capturé par les Espagnols lors du passage des Pyrénées, comme presque tous les évadés de France, il est interné cinq longs mois à la prison de Miranda où les conditions sont épouvantables. Libéré sur intervention anglaise, il sera dirigé sur la Grande-Bretagne où il rejoindra les Forces françaises libres.
Il sera l'un des premiers sinon le premier Côte-d'Orien parachuté en France, la veille du débarquement de Normandie.
Ayant reçu une formation de radio, il est à ce titre parachuté vers Plumelec (Côtes du Nord) le 5 juin 1944. Paulin s'est engagé au 2e régiment de commandos parachutistes, en fait le seul régiment français appartenant aux commandos Special Air Service (SAS) anglais. Jean Paulin a pour mission de rester en contact radio avec le célèbre Colonel Bourgoin alias Le Manchot et de l'informer de la situation militaire. En effet
Bourgoin, commandant le 2e RCP, est resté à Londres et ne sautera sur la Bretagne que quelque temps plus tard.
Le groupe de Paulin, sous les ordres du fameux lieutenant Marienne, a pris contact avec les maquis bretons et les épaules. C'est à Saint-Marcel que le régiment français durement attaqué à plusieurs reprises subit de très lourdes pertes de même que les FFI. Bien qu'en uniforme, les soldats SAS capturés sont fusillés selon une directive d'Hitler ; Marienne est tué.
Puis les survivants, dont Jean Paulin, rallient avec leurs jeeps Vannes à Orléans et organiseront la reddition vers Nevers d'une colonne allemande forte de plusieurs milliers d'hommes. Par Vézelay et Avallon, ils arriveront dans Dijon récemment libéré.
Lors de la contre-offensive Von Rundstaedt de l'automne 1944, le 2e RCP sera jeté dans la bataille entre Bastogne et Saint Hubert, avant d'être parachuté en Hollande sur les arrières de l'ennemi en avril 1945.
Jean Paulin a écrit ses souvenirs dans un très beau livre paru en 1948 aux éditions Damidot : La rage au cœur. Souvenirs d'un évadé de France, parachutiste SAS de la France Libre.

Le Bien Public 31.07.2001

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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Sam 23 Mai - 20:38:24

Bonjour,

j'ai bien connu Jean Paulin qui était devenu un ami.
C'était un homme très modeste et passionnant.

Juste une correction par rapport au texte de Michel. Le 2e RCP (4e SAS) n'était pas le seul bataillon français intégré à la SAS Brigade. Il y avait également le 3e RCP (3rd SAS) commandé par le capitaine Château-Jobert alias Conan.
Enfin, le stick de Jean, dirigé par le lieutenant Déplante, a été parachuté près de Guéhenno à 1h00 le 6 juin au matin. Le but des sticks précurseurs (Marienne et Déplante) est de constituer la base Dingson pour recevoir le reste du bataillon et permettre aux missions Cooney d'avoir un point de rendez-vous pour se réarmer.
Le commandant Bourgoin a été parachuté sur Dingson la nuit du 10 au 11 juin.

David
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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Mar 26 Mai - 12:37:48

Merci David.

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MessageSujet: Re: Des Aviateurs Français Parachutés   Mar 23 Juin - 16:19:13

Une autre correction

Michel a écrit:
Les 500 hommes du 4e bataillon Special air service du colonel Bourgoin ont pour mission de contenir les troupes allemandes postées en Bretagne (présence estimée à 150 000 hommes), et d'éviter ainsi qu'elles constituent un renfort en Normandie. Cette mission comporte deux opérations, « Cooney Parties» qui consiste à faire croire aux Allemands à une grande opération de débarquement en Bretagne, et «Grog» qui a pour but de soutenir et encadrer la Résistance.


En fait, dans le cadre d'Overlord, l'ordre d'opération du 4e SAS comporte différentes missions.
- Les missions Dingson et Samwest: les 4 sticks précurseurs sont chargés d'installer les bases Samwest dans les Côtes-du-Nord et Dingson dans le Morbihan afin de recevoir par la suite le reste du bataillon en fonction des besoins et de servir de bases pour établir des stocks de munitions, armements, matériels pour les équipes de sabotage (Cooney-Parties)

- Mission Cooney-Parties: 18 équipes SAS de 3 à 5 hommes sont parachutés dans la nuit du 7 au 8 juin dans le but de réaliser des coupures des moyens de communications (VF, ligne HT, téléphone...) dans toute la Bretagne. Ces sabotages doivent avoir lieu au plus tard le 11 juin. En fonction de leur zone géographique, les équipes doivent ensuite rallier les bases Dingson ou Samwest mais suite à la dispersion de Samwest le 12 juin au soir, certaines iront à Dingson et d'autres resteront dans leur secteur mais cela entrainera un problème d'approvionnement des hommes en matériel.

- Grog: Suite à la dispersion de Samwest, le capitaine Déplante quitte Dingson le 13 juin et remonte vers Pontivy (Saint-Caradec et la région) afin de recueillir les rescapés. Il constitue alors la base Grog et affecte les hommes aux compagnies FFI et FTP où ils servent d'instructeurs.

- Lost: parachutage fin juin d'un groupe de SAS français aux ordres du Lt Fleuriot avec une équipe radio pour Marienne et un officier de laison britannique. La mission doit reprendre le contact avec Bourgoin suite à la dispersion de Dingson le 18 juin au soir. Un officier français doit rentrer en GB afin de faire un rapport sur la situation.

L'ensemble de ces missions a pour but de maintenir des troupes allemandes en Bretagne afin d'empêcher leur montée vers la Normandie.

Par la suite, dans le cadre de la mission Derry, les hommes du capitaine Sicaud (2e squadron/3e SAS) seront parachutés début août entre Morlaix, Lesneven et Daoulas afin d'ouvrir la voie des unités américaines vers Brest.

David
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