Bonjour,
un pétit rappel des faits:
La Légion saute sur Kolwezi
La ville de Kolwezi est située au cœur de la région minière du Shaba, dans la province du Katanga, au sud-est du Congo (ex-Zaïre). Peuplée d’environ 100 000 habitants en 1978, la ville est très étendue (environ 40 km²), et divisée en quartiers nettement séparés par des collines. Elle est située sur des voies de communications importantes, sur la route et la voie de chemin de fer reliant Lubumbashi à Dilolo, et est dotée d’un aérodrome à 6 km du centre-ville.
Entre le 11 et le 13 mai 1978, 3 à 4 000 rebelles katangais bien armés, venus d'Angola et transportés par des avions cubains à travers la Zambie, neutre, s'emparèrent de Kolwezi et prirent en otage près de 3 000 européens.
Un peloton de Panhard AML 60 de l’armée zaïroise se rallia aux rebelles. En investissant la ville, les rebelles commencèrent par prendre l’aéroport, seul endroit par lequel il serait éventuellement possible d’acheminer des renforts.
Soutenus par le Cuba, l'Angola, l'Allemagne de l'Est et l'U.R.S.S., les rebelles katangais (Front National de Libération du Congo) visèrent un double but : s’emparer du Shaba et déstabiliser le président à vie Mobutu Sese Seko Waza Banga.
Incapable de repousser l'invasion, le président Mobutu appella alors les États-Unis, la France et la Belgique à l’aide.
Au moment où une action militaire sur Kolwezi fut envisagée, des exécutions sommaires eurent lieu (dont furent victimes plusieurs centaines de Zaïrois et de 90 à 280 Européens selon les sources).
Des centaines d'Européens furent sortis de force de leurs maisons et emmenés au quartier général des rebelles pour vérification d’identité. Certains n’en revinrent pas.
Les Européens emprisonnés se résignèrent à être massacrés par les soldats livrés à eux-mêmes et que plus personne ne semblait commander. Des officiers cubains et un conseiller de l’Allemagne de l’Est avoueront avoir été débordés par l’ampleur du désordre et de l’indiscipline des «Tigres».
L’inquiétude gagna dans les chancelleries alliées : les Américains mirent la 82e Airborne en alerte, les Anglais les imitèrent avec un bataillon parachutiste, les Belges avec les para-commandos. Mobutu demanda à la France une intervention armée. Le Président de la république, Valéry Giscard d’Estaing, prit une décision en ce sens et désigna le 2e REP de la Légion étrangère pour exécuter cette mission délicate et dangereuse.
Une réunion fut mise sur pied entre les autorités militaires belges et françaises afin de coordonner une opération commune. Elle échoua et la Belgique décida l'envoi de parachutistes dans une opération séparée. Les autorités françaises décidèrent d’intervenir seules et en force. Les Belges optèrent pour une intervention strictement humanitaire : c’est-à- dire évacuer les Européens.
Le 17 mai 1978, les légionnaires furent envoyés, dans quatre DC-8 appartenant à la compagnie civile UTA, de Corse vers Kinshasa. Ils furent suivis par un Boeing 707 emportant le matériel et l’armement. Ils arrivèrent à Kinshasa en fin de journée du 18. Les préparatifs opérationnels se déroulèrent à l’aéroport militaire de Kinshasa, notamment la réception de parachutes militaires américains, pour lesquelles les compagnies reçurent une instruction rapide durant la nuit du 18 au 19. Le briefing se tint également durant la nuit et permit de mettrre au point les détails de l’opération.
1 Transall de l'armée de l'air française et 4 C-130 Hercules zaïrois décollèrent dès 11 heures, le 19 mai, pour emporter la première vague.
Le 19 mai à 15 h 30, la première vague française, composée de 405 hommes (le PC et trois compagnies), sauta sur Kolwezi. Six légionnaires furent blessés par des tirs d’armes légères durant le largage, un autre, atterrissant loin de son unité, fut tué et mutilé sans avoir pu se défaire de son parachute. Il s'agit du Cpl. Richard ARNOLD de la 1ère Cie, mon ami personnel...
Immédiatement, de violents combats de rue se déroulèrent. Les légionnaires parvinrent à délivrer des Européens retenus en otage ou qui avaient pu se cacher.
Une colonne rebelle, soutenue par un blindé, fut stoppée vers 16 h30 à hauteur de la gare par un tir de lance-roquettes. Par de rapides actions débordantes, plusieurs groupes rebelles furent anéantis.
Kolwezi passa sous contrôle de la Légion dès la tombée de la nuit, vers 18h. Pendant la nuit, les rebelles contre-attaquèrent mais furent contenus par des embuscades de la Légion.
Le 20 Mai en fin de nuit, à 6 h 30, une deuxième vague de 250 parachutistes de la légion fut larguée (4ème compagnie et section d'éclairage et de reconnaissance). Sautant à l’est de la ville, elle prit les rebelles à revers et occupa cette partie de la ville dans la matinée. Les légionnaires découvrirent ainsi les victimes des massacres du quartier P2.
Le 20 mai à l'aube, les parachutistes belges atterrirent sur l'aérodrome de la plaine, à 5 km de Kolwezi. Progressant pédestrement vers la ville, ils tirèrent, par méprise, sur la Légion étrangère (fort heureusement sans victime à déplorer).
Les Belges entrèrent dans Kolwezi avec ordre de ne rester que "septante-deux" heures. Ils évacuèrent vers l'aérodrome les ressortissants Belges, à l'exclusion des Africains et autres Européens, qu'ils firent même redescendre des avions ! Ils laissèrent ainsi aux Français la tâche entière des combats de ratissage.
Sans commentaire...!
Dans l’après-midi du 20, la ville minière de Metal-Shaba fut également prise par le 2e REP. 200 rebelles y furent contraints à la retraite mais tuèrent un sous-officier légionnaire. Le S/C DANIEL de la 4ème Cie.
L’audace et la rapidité d’exécution de l'opération provoqua un effet de surprise favorable aux légionnaires qui s'emparèrent du centre-ville dans la foulée. En deux jours, ils prirent le contrôle de la région de Kolwezi, libèrant 2 800 ressortissants et les évacuant le 21 mai.
Vers le millieu du mois de Juin, les légionnaires furent relevés par une force africaine constituée par le Maroc, le Sénégal, le Togo et le Gabon.
Cinq légionnaires furent tués. Vingt autres furent blessés.
Voici la liste:
ETAT DES TUES ET DES BLESSES DU 2° REP
PENDANT LES OPERATIONS DE KOLWEZI
(Mai 1978)
1) - TUES :
Sergent-chef DANIEL
Caporal ARNOLD
Légionnaire CLEMENT
Caporal HARTE
Caporal-chef ALLIOUI
2) - BLESSES :
Sgt CABROL 2° Cie
C/C SENEKOVIC 2° Cie
Cpl OVACICK 2° Cie
Lég. SEEGER 2° Cie
Cpl PRUDENCE 4° Cie
Lég. SORAL 1° Cie
Lég. MARCO 1° Cie
Lég. GILBERT CCS
Cpl PAIN 1° Cie
Lég. RODRIGUEZ 3° Cie
Cpl DALLET 2° Cie
Lég. SVOBODA 3° Cie
Lég. FORESTIER 3° Cie
Cpl COURSON 3° Cie
Lt RAYMOND 2° Cie
Lég. DEMONT CAE
Cpl MUNOZ CAE
Lég. JAKOVIC 4° Cie
Lég. BECKER CAE
Cpl BAREDA 2° Cie
Bilan de l'opération:
Environ 247 rebelles ont été tués et 160 faits prisonniers, ainsi que cinq légionnaires tués et vingt autres légionnaires blessés ; 6 disparus à la mission militaire française, un parachutiste belge et un para-commando marocain ont péri, il y a 14 tués et 8 blessés au 311e bataillon parachutiste zaïrois. Les légionnaires ont également pris un millier d’armes légères, 10 mitrailleuses et 38 fusils-mitrailleurs, 4 canons, 15 mortiers et 21 lance-roquettes, et détruit 2 AML.
Quelque 700 civils africains et 170 européens ont trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation.
Ce sauvetage démontra l’efficacité de troupes légères parachutées bénéficiant d'un effet de surprise au cours d’une opération bien préparée.
1) Le Colonel ERULIN à la tête du 2ème REP en 1978:
2) Le drapeau du 2ème REP en 1978 avec sa garde.
Porte drapeau le Lt. RAYMOND - bléssé à Kolwezi:
3) A/C SAULNIER (PSO du 2ème REP) et moi-même avant le saut sur Kolwezi
en attente sur l'aeroport de Kinshassa. Saulnier assis, les mains sur la tête, moi à droite avec la gaine à la jambe. Sur la gauche de SAULNIER le Lt. RAYMOND (2ème CIE):