Rencontre avec un aviateur en mission au Liban 
Alors que la plupart des citoyens français sont en vacances estivales, plusieurs milliers de militaires de l’armée de l’air servent actuellement sur les divers théâtres d'opérations extérieures (Opex). C’est le cas du lieutenant Maxime Adam, 24 ans, officier au sein du centre de permanence et de synthèse du soutien, qui dépend du commandement du soutien des forces aériennes (CSFA) à Bordeaux. Depuis le 11 juillet 2009, il occupe la fonction de chef de détachement de transit multimodal au Liban sous mandat de l’ONU. Découverte d’une expérience personnelle et professionnelle enrichissante d’une durée de trois mois.
Quelle est la mission des forces armées françaises au Liban ?
La France est engagée dans la force intérimaire des nations unies au Liban (FINUL). Plus de 1400 militaires français sont ainsi déployés dans le cadre de l’opération Daman, du nom d’un petit animal des montagnes. Le Liban étant divisé en deux par le fleuve Litani, l’aire d’opérations qui nous concerne se situe au sud du fleuve, jusqu’à la frontière israélienne. Dans cette zone, sont regroupées les forces multinationales qui composent la FINUL.
À l'origine, la FINUL a été créée, en 1978, par le Conseil de sécurité de l’ONU, pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, pour restaurer la paix et la sécurité et enfin, aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité dans la région. Aujourd’hui, la FINUL aide principalement les forces armées libanaises à contrôler la zone sud du Liban.
En quoi consiste votre travail ?
Mon adjoint et moi-même sommes basés sur le camp de Deir Kifa, à l’est de la zone d’opérations. Nous sommes intégrés au poste de commandement soutien national France (PCSNF), état-major du soutien du théâtre, où j’occupe la fonction de chef de détachement de transit multimodal. Concrètement, nous avons en charge la totalité de la logistique des mouvements de personnes et de matériels au profit de l’opération Daman, par voies aérienne, maritime, et routière. Autrement dit, nous coordonnons les moyens de transport pour un type de mouvement que sont les flux d’entretien (acheminements de médicaments, de denrées périssables et de pièces de rechange pour des chars par exemple). Les relèves intermédiaires et majeures du personnel font partie de la deuxième catégorie de mouvement. Ces dernières sont très importantes, car elles concernent la totalité des postes du théâtre, soit plus de 1400 personnes. Pour mener à bien cette mission, nous pouvons aussi bien utiliser les voies aériennes civiles que les maritimes commerciales et bien sûr, tous les moyens militaires à notre disposition.
La France assure la composante terrestre de la FINUL. Vous travaillez donc principalement avec des militaires de l’armée de terre. Comment se passe le travail en interarmées ?
En effet, les 600 militaires français sur notre base proviennent de l’armée de terre. Lorsque je suis arrivé, je ne connaissais ni leurs procédures, ni celles de la FINUL. Or, pour traverser le Litani et se rendre en zone hors opérations, par exemple, il existe une réglementation très précise. Il nous faut respecter des délais, des horaires de passages et quantité d’autres éléments qui nous échappent. J’ai donc dû me familiariser à ces nouvelles procédures et m’adapter à ces nouvelles règles rapidement, afin de mener à bien la mission. Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit.
Au quotidien, comment se passe la vie sur un camp militaire en opérations extérieures ?
L’approche du travail en Opex est différente de celle qui se pratique sur une base traditionnelle. Ici, nous travaillons six jours sur sept et nous ne comptons pas nos heures de travail car la réalisation opérationnelle de la mission importe avant tout. Il faut impérativement assurer et rester en permanence sur le qui-vive pour que les manoeuvres ordonnées par la FINUL se concrétisent grâce, en partie au soutien logistique que nous apportons. La situation sécuritaire du pays impose également une grande rigueur, d’autant que les conditions de travail sont différentes de celles en métropole. Il fait 40°C la journée, 28°C la nuit, et le taux d’humidité oscille entre 50% et 80%. La poussière est omniprésente. Il m’a fallu environ deux semaines pour m’acclimater et pouvoir me donner à fond dans le travail. Avant de partir, j’avais évidemment une petite appréhension puisque je laissais ma petite amie, ma famille et mes amis. Mais, en fin de compte, après un peu plus d’un mois de présence, je réalise que le temps passe très vite. Partir en Opex constitue une belle opportunité, celle de vivre une expérience non seulement professionnelle, mais aussi culturelle, humaine et personnelle très enrichissante.
Texte : Asp Marianne Jeune et Julien Mounier
Le Daman est petit animal des montagnes que l'on trouve au Liban. Source: AA