Le stage Martel : se préparer au départ en AfghanistanLe stage Martel s’adresse aux militaires de l’armée de l’air dont la spécialité n’est pas le combat et qui seront bientôt déployés en Afghanistan. L’objectif est de se préparer au mieux à la vie sur le terrain.
Les participants au stage Martel, bientôt projetés sur le théâtre afghan, revoient les bases du combat.
« Le stage Martel répond aux exigences d’un déploiement en Afghanistan. Il a fait ses preuves depuis un certain nombre d’années et a été amélioré par touches successives, au fil des détachements et des retours d’expériences de terrain , a expliqué, lors de sa récente visite sur la base 102 de Dijon-Longvic, le général de corps aérien et n°2 de l’armée de l’air (major général de l’armée de l’air) Joël Martel. Je suis venu aujourd’hui pour échanger avec les stagiaires et voir dans quelles mesures d’autres évolutions devraient être envisagées. »
Le stage Martel (Module d’apprentissage et de restitution des techniques élémentaires) , créé en août 2007, n’est ni un entraînement commando ni un stage d’aguerrissement : il est destiné à des militaires dont la spécialité ne les amène pas à manipuler une arme au quotidien. D’une durée de cinq jours, il est dispensé sur la base aérienne 102 de Dijon par l’Escadron de formation des commandos de l’air (ECFA). A la portée de tous, quels que soient l’âge, la spécialité, la condition physique ou l’unité d’appartenance, il est cependant obligatoire pour tout le personnel de l’armée de l’air amené à servir en Afghanistan et également ouvert aux militaires des autres armées.

L’un des objectifs de la formation proposée par le stage Martel consiste à reprendre contact avec son arme et à l’utiliser en toute sécurité.
Son objectif : permettre à plus de 700 militaires par an d’approcher les conditions opérationnelles et de la vie courante d’une base aérienne sur le théâtre afghan (Bagram, Kandahar et Kaboul), avant d’être projetés. Au programme : instruction au tir de combat au pistolet automatique et/au fusil d’assaut, piste d’audace, parcours d’obstacles, combat à pied ou motorisé, secourisme au combat, vie en collectivité, et techniques d’optimisation du potentiel (gestion du stress). Ils assistent également à des présentations sur la situation géopolitique du théâtre et sont sensibilisés aux menaces (engins explosifs improvisés (IED), roquettes, etc.).
Le personnel navigant reçoit par ailleurs une formation complémentaire spécifique sur les procédures d’éjection, et sur l’emploi du matériel de transmission de secours et des équipements de survie.
L’adjudant-chef Jacques Gilles, chef du stage Martel, constate : « Les stagiaires repartent après une semaine avec un niveau assez homogène . Ils reconnaissent se sentir plus à l’aise avec une arme et appréhender beaucoup moins son utilisation. Ils se disent prêts à partir, car ils savent mieux ce qui les attend ».
Questions au Général de corps aérien Martel
Le général de corps aérien Joël Martel s’est rendu sur la BA 102 de Dijon-Longvic pour étudier dans quelles mesures le stage Martel pourrait évoluer.
Il en a profité pour encourager les troupes.
Malgré l’homonymie, le général Martel n’a pas donné son nom à ce stage. Il s’intéresse néanmoins à son évolution. A l’occasion de sa visite de la base aérienne de Dijon, il a bien voulu répondre à nos questions.
Quels sont les enseignements clés ce stage ?L’un des facteurs principaux à prendre en compte, avant projection, concerne la familiarisation avec l’armement. Vivre constamment avec son arme, c’est-à-dire avoir à s’en servir éventuellement, constitue, pour nos spécialistes, quelque chose de nouveau auquel ils doivent s’habituer. Parallèlement, la gestion du stress est prise en compte. Elle est nécessaire sur un théâtre et quelque soit le type d’engagement : sur une base ou sur une position plus avancée dans une zone d’insécurité très forte. Enfin, ce stage inclut la rusticité et la vie en collectivité, avec lesquelles il faut se réhabituer.
Est-il susceptible d’évoluer ?Le stage MARTEL pourrait s’étendre à un panel plus large de candidats au sein même de l’armée de l’air et s’ouvrir davantage aux personnels de l’armée de terre et de la marine. C’est la raison pour laquelle nous réfléchissons à transférer la formation de base (tir, secourisme, etc.) sur d’autres bases aériennes. La base de Dijon pourrait ensuite se concentrer sur un entraînement réaliste, reproduisant un environnement proche de celui du théâtre afghan.
Source: Défense